Il existe même
un prix des prix littéraires, au cas où la dizaine de prix ne
suffirait pas à récompenser les quatre ou cinq écrivains qui écrivent.
Il y a deux catégories de livres qu’on ne lit
pas jusqu’au bout : ceux qui tombent des mains aux premiers pages parce
que rien ne s’y passe dans la langue ; et ceux qui, tellement forts et
denses, donnent des envies d’écrire : alors, il faut interrompre sa
lecture et se précipiter sur un stylo.
Certains livres sont des sources, d’autres
des
terminus.

On s’est déjà ému ici que la dernière
maquette du
Nouveau Magazine littéraire ait
réduit l’adjectif
littéraire à une
taille microscopique : « Cache-toi, littérature. » Reste, en gros, un
Magazine, qui peut être de n’importe quoi.
Les trois éditoriaux de
septembre 2018, qui accompagnent le départ de Raphaël Glucksmann, confirment cette portion congrue. Le sortant parle d’idéaux
humanistes et débat de fond ; le patron Perdriel de radicalité dans le
questionnement et d’interrogations ; l’entrant Domenach de batailles
idéologiques. Au long du menu de la page d’accueil, 33 dossiers se
suivent, sous le chapeau : « Autres idées ». Parmi ces dossiers,
un seul prend pour titre une catégorie littéraire : « Poésie ».
Les frères ennemis du
Nouveau et du
Nouveau Nouveau Magazine sont d’accord
sur un point : les idées mènent le monde. On aimerait que ces hommes à
idées aient une petite idée de la littérature.
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