samedi 2 mars 2024

Le narratif poutinien, 156. De l’inconvénient d’être plus grand que le tsar

Le tsar Vladimir premier remercie son homologue, le président Macron, d’avoir donné l’occasion aux autres dirigeants occidentaux de lever les ambiguïtés, en affirmant qu’ils n’enverront jamais de soldats en Ukraine. D’après les sondages, les Européens ne sont pas prêts à mourir pour l’Ukraine. Seuls les Ukrainiens doivent mourir pour l’Ukraine, tous de préférence. Les Occidentaux ne sont même pas prêts à mourir pour l’Occident, quand les chars entreront dans un pays de l’OTAN. Les Occidentaux ont le droit d’envoyer des armes en nombre insuffisant, mais s’ils mettaient le pied en Ukraine, qui n’existe pas puisque ce territoire appartient à la Grande Russie, ils envahiraient la Russie sous prétexte de défendre l’Ukraine.

Le tsar Vladimir premier réfléchit à la meilleure façon de se venger contre les pays occidentaux qui ont décidé un nouveau paquet de sanctions, le douzième ou le treizième, on ne compte plus. En représailles, la Russie pourrait ne pas retenir son bras armé, et transfomer son opératoire militaire spéciale en guerre à l’Ukraine, avec des morts parmi les femmes et les enfants et des destructions de bâtiments civils ; l’armée russe pourrait aller jusque-là si on la poussait à bout.

Les Occidentaux doivent se souvenir que la Grande Russie possède l’arme nucléaire. Pendant la Guerre froide, on était parvenu à un équilibre de la terreur, je te tiens, tu me tiens. Il est remplacé aujourd’hui par un déséquilibre de la terreur. Si des fantassins étrangers mettent le pied en Ukraine avec des fusils, la réponse sera nucléaire, justement proportionnée.

Alexeï Navalny était très grand, 1m 88, le tsar Vladimir premier mesure 1m 70, 18 centimètres de moins. Il est contraire à la loi de la Russie de dépasser le tsar. Dans son cercueil, Navalny paraissait encore plus grand mort que vivant.

Dix mille personnes aux funérailles de celui dont le tsar n’a jamais prononcé le nom. Voilà une heureuse coïncidence : c’est le nombre de places libérées par les prisonniers qui ont bénéficié d’une remise de peine pour se sacrifier en héros sur le front de l’Ukraine.



samedi 24 février 2024

Tshal, l’armée la plus morale du monde

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a félicité les héros de son armée, la « plus morale du monde », après l’élimination de la dangereuse Hind Rajab, âgée de six ans, le 10 février 2024.

Il n’aurait pas été humain de laisser une petite fille de six ans plus longtemps dans une voiture avec des cadavres de sa famille couverts de sang, seule survivante.

La thèse d’un terroriste du Hamas déguisé en fillette de six ans était difficilement présentable devant l’opinion internationale, mais qui peut exclure que cette gamine ne se serait pas radicalisée à l’âge adulte pour se venger contre des innocents ?



samedi 17 février 2024

Le narratif poutinien, 155. Alexeï Navalny, remise de peine

En 2021, celui que le tsar Vladimir premier ne nomme pas avait été condamné à 19 ans de prison. Il serait sorti en 2040, à 66 ans. Le tsar l’a grâcié après seulement trois ans de détention, en abrégeant sa peine.

Ses conditions de détention avaient été adoucies par plusieurs mesures de soutiens psychologiques : régulièrement, il recevait dans sa cellule la compagnie d’originaux comme lui qui le distrayaient, et la sono diffusait pendant la nuit les discours roboratifs du tsar.

Dès jeudi, le tsar, toujours le premier au courant, a été informé que celui dont il ne veut pas entendre le nom mourrait accidentellement le lendemain.

Après le malaise qui lui a été fatal, le prisonnier Alexeïs Navalvy sera autopsié la semaine prochaine. Le médecin légiste assermenté a déjà rédigé son rapport : la victime est morte d’une rupture d’anévrisme, causée par une malformation congénitale, qui laissait au malade très peu de chances statistiques d’atteindre 48 ans. Il en avait 47.


 

samedi 10 février 2024

Le narratif poutinien, 154. Pourquoi ferions-nous cela ?

Le 8 février 2024, le tsar Vladimir premier a déclaré au journaliste américain Tucker Carlson : « C’est l’Ukraine qui a nous a déclaré la guerre en nous attaquant. Si l’Occident arrête de fournir des armes à l’Ukraine, nous sommes prêts au dialogue. Nous n’avons aucune intention d’attaquer la Pologne. Pourquoi ferions-nous cela ? Il n’en est pas question. »

Le 8 février 2025, le tsar Vladimir premier a déclaré au même journaliste américain : « C’est la Pologne qui a nous a déclaré la guerre en nous attaquant. Si l’Occident arrête de fournir des armes à la Pologne, nous sommes prêts au dialogue. Nous n’avons aucune intention d’attaquer la France. Pourquoi ferions-nous cela ? Il n’en est pas question. »

Le 8 février 2026, le tsar Vladimir premier a déclaré, toujours à Tucker Carlson : « C’est la France qui a nous a déclaré la guerre en nous attaquant. Si les États-Unis arrêtent de fournir des armes à la France, nous sommes prêts au dialogue. Nous n’avons aucune intention d’attaquer les États-Unis. Pourquoi ferions-nous cela ? Il n’en est pas question. 



samedi 3 février 2024

Les agriculteurs rentrent aux champs

Ils ont tous des beaux tracteurs neufs et rutilants comme des camions, avec des pneus propres, qui ont vu le bitume des autoroutes mais pas encore les champs. C’est ce qu’on appelle l’agriculture industrielle, qui ne se salit pas dans la terre. Tous les petits garçons vont vouloir faire agriculteurs, pour avoir un beau tracteur.

Ils sont tous blancs, et masculins. Les femmes gardent le bétail et les enfants à la ferme. La biodiversité est en danger, et la diversité aussi, dans la profession.

Ils ont échappé à l’écologie punitive et ils sont très contents. Plutôt que par les écolos-bobos, il est préférable d’être puni par les poisons qu’on manipule soi-même à la maison. Les cultivateurs étrangers font pire qu’eux, et ils vont pouvoir faire aussi pire.

Les consommateurs boudant désormais les eaux minérales frelatées, la firme Nestlé (Contrex, riche en minéraux par nature, Hépar, Vittel, Saint Pellegrino, Perrier) remettra gratuitement ses bouteilles invendues aux agriculteurs pour qu’ils arrosent leurs champs : ils compenseront ainsi le manque d’eau sans ajout de pesticide, déjà intégré dans le flacon.

L’un des grands agronomes s’appelle François Purseigle.

Après avoir posé ses feuilles sur une botte de paille, comme le petit Jésus, l’ange Gabriel a dit : « Je suis venu vous dire des choses simples. » Les paysans n’auraient pas compris des choses compliquées. Il a dit aussi : « Je suis résolu à avancer, à avancer résolument », ce qui est aussi simple à comprendre.

La « taxe lapin », applicable à tous les patients qui prennent rendez-vous chez le médecin et ne viennent pas, s’appliquera également aux rongeurs qui dévastent les cultures.

Le ministre de la Justice a dit, à destination des délinquants : « Tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies. » Et pour les agriculteurs, il a ajouté : « Tu retournes un panneau à l’envers, tu le remets à l’endroit. »

Le ministre de l’Intérieur n’a pas fait intervenir les forces de l’ordre : « On ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS. » On les envoie sur ceux qui ne souffrent pas, les Gilets jaunes, les actifs qui veulent partir à la retraite avant de mourir, etc.

Comme ils ont les mêmes revendications que les agriculteurs concernant le carburant et la concurrence déloyale de l’étranger, les patrons-pêcheurs, au vu des moyens qui aboutissent à la satisfaction des revendications, organiseront un blocage des autoroutes avec leurs bateaux.





samedi 27 janvier 2024

Le narratif poutinien, 153. La victoire sur le court

Le tsar Vladimir premier a envoyé un télégramme de félicitations à son homologue biélorusse Loukachenko après la victoire à l’Open d’Australie d’Aryna Sabalenka, qui fait la fierté de toute la Biélorussie et de la Russie, car dans Biélorussie il y a Russie.

La Biélorusse Aryna Sabalenka a battu en finale la chinoise Zheng Quinwen. En demi-finale, la Biélorusse Aryna Sabalenka avait battu l’Américaine Coco Gauff et la Chinoise Zheng Quinwen avait battu l’Ukrainienne Dayana Yastremska.

Donc, la Biélorusse a battu l’Américaine et la Chinoise qui avait battu l’Ukrainienne. La Biélorusse a donc battu deux fois l’Ukrainienne.

La large victoire de la Biélorussie sur les États-Unis et sur l’Ukraine donne une bonne idée du rapport de force sur le terrain. En fait, l’Ukrainienne et l’Américaine auraient mieux fait de capituler d’entrée de jeu, sans résistance, tellement leur infériorité était évidente.



mercredi 17 janvier 2024

On ramasse les copies des élèves Oudéa-Castera et Dati

M. Pivot, professeur de culture générale, a corrigé les dernières copies de l’élève Oudéa-Castera, ministre des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques, de l’enseignement public et privé, et de l’élève Dati, maire du 7e arrondissement, ministre de la Culture, déjà candidate à la mairie de Paris en 2026.

Sur la copie de l’élève Oudéa-Castera, on lit : « Moi, je vais vous dire, je vais pas esquiver votre question. Notre aîné, Vincent, a commencé comme sa maman à l'école publique, celle de Littré. Et puis la frustration de ses parents, mon mari et moi, qui avons vu des paquets d'heures qui n'étaient pas sérieusement remplacées. A un moment, on en a eu marre, comme des centaines de milliers de familles qui, à un moment, ont fait un choix, voilà, d’aller chercher une solution différente. On habitait rue Stanislas, scolariser nos enfants à Stanislas était un choix de proximité. »

Commentaire du professeur Pivot : Style familier et oral : je vais pas, paquets d’heures, à un moment, avoir marre, voilà. Il manque un verbe principal dans la troisième phrase. Répétition de « Stanislas » dans la dernière phrase. Incohérence de personnes grammaticales on habitait/ nos enfants. Passage à réécrire.

Seconde copie au même nom, au sujet du rapport sur l’établissement privé Stanislas : « Je précise que ce rapport ne remonte aucun fait d’homophobie, ni aucun cas de harcèlement. Le seul cas d’homophobie a fait l’objet d’un signalement au procureur via la procédure de l’article 40. »

Commentaire du professeur Pivot : Contradiction entre « aucun cas » et « le seul cas ». Formulation logique à revoir.

Sur la copie de l’élève Dati : « Moi, je suis élue parisienne. Mon objectif, c’est Paris. Moi, j’ai une volonté, c’est de rassembler tous ceux qui veulent que ça change à Paris, je suis déterminée ».

Commentaire du professeur Pivot : Moi je, mon, moi je, je. Méditer Pascal : « Le moi est haïssable. » Variez les tournures. Préférez la syntaxe à la parataxe, les énoncés construits aux phrases courtes juxtaposées.