samedi 24 décembre 2022

Le narratif poutinien, 126. Noël aux tisons

Le tsar Vladimir premier, en cette veillée de la Nativité qui émeut son cœur de père, a fait part à sa Cour de son étonnement devant la naïveté de ces grands enfants d’Américains, qui parlent de « bombe arctique » pour expliquer le froid polaire qui s’abat sur leur pays. N’ont-ils pas compris le lien de cause à effet avec le voyage du clown qui parle au nom d’un pays qui n’existe pas ?

Le Dieu des orthodoxes russes, le seul vrai Dieu, les punit d’entretenir une guerre injuste par la livraison d’armes à l’ennemi, en leur envoyant un froid très sibérien.

Quand on regarde une carte du monde dépliée, la Sibérie est à des milliers de kilomètres, mais les masses d’air froid se sont engouffrées par le pôle Nord, là où on est voisins.

Comme disait un poète, la guerre froide est devenue une opération militaire spéciale à l’âge de glace.

Les Ukrainiens qui croient à une trêve de Noël ont oublié que pour mériter des cadeaux, il faut avoir été sages et obéissants.


 

mardi 20 décembre 2022

Le narratif poutinien, 125. Qu’un véritable ami…

Le tsar Vladimir premier a rendu une visite de voisinage à son grand ami Alexandre Loukachenko, le président de la Biélorussie.

Sur la photo de notre tsar et de son ami, on voit un homme plus grand et gros que l’autre, mais l’image est trompeuse. Le plus grand n’est pas celui que l’on pense ; il le reconnaît lui-même, comme le chevalier fait allégeance à son Seigneur et Maître : « La Russie peut se passer de nous, et nous ne pouvons pas nous passer d’elle. Est-ce que nous sommes capables de protéger tout seuls notre indépendance, sans la Russie ? Non ! » Joignant le geste à la parole, il a porté la main au collet, comme pour réajuster sa cravate, en tâtant l’endroit où la corde pourrait se serrer.

Dans Biélorussie, il y a Russie, incrustée comme la marque du propriétaire.



lundi 12 décembre 2022

Le narratif poutinien, 124. Échange

Le tsar Vladimir premier se félicite de l’échange entre la basketteuse américaine Brittney Griner et le héros russe Viktor Bout, arbitrairement condamné par la justice aux ordres de la Maison Blanche à 25 ans de prison et détenu depuis 11 ans.

La comparaison entre les deux monnaies d’échange montre un net déséquilibre. D’un côté une femme de couleur tatouée, fumant du cannabis, et attendue à son arrivée par sa femme ; de l’autre côté un patriote, végétarien comme Hitler, artiste peintre comme Hitler, vivant de l’honnête commerce des armes, utile à sa patrie, mâle blanc attendu par toutes les femmes russes.

Elle met des ballons dans un panier, mais elle en rate beaucoup ; lui met des balles dans la tête des ennemis, sans jamais manquer sa cible.

Même aux USA, certains Américains pensent que c’est dissymétrique.






mercredi 7 décembre 2022

Le narratif poutinien, 123. Blanc

Grâce au tsar Vladimir premier, la saison du blanc commence cette année avec un mois d’avance.

Les canons lance-missiles ont été remplacés par des canons à neige qui recouvrent le territoire de l’Ukraine d’un blanc linceul.

Quand le beau temps reviendra, les prairies vertes et les champs de blé jaunes seront uniformément blancs, comme des champignons poussés à l’abri de la lumière, et la surface de ce qui était l’Ukraine sera passée au blanco sur les cartes de géographie.

Blanc était aussi l’écran du simulateur de pilotage dans lequel avait pris place le tsar. Le pilote peut ne pas regarder la route, sans courir de danger. Au montage, on a ajouté la route qui défile et le pont de Crimée, au loin.


 

mercredi 30 novembre 2022

Le narratif poutinien, 122. Art russe

Le tsar Vladimir premier aime les arts, tous les arts, la peinture, la sculpture, l’art de la guerre, mais surtout l’art russe.

Dans chaque ville ukrainienne libérée par l’armée russe, les musées sont vidés et les œuvres mises à l’abri.

Comme il n’y a pas d’art ukrainien, ces œuvres appartiennent à l’art russe. Leur transfert évite que les soldats ennemis détruisent leurs propres œuvres par vengeance quand ils s’apercevront qu’elles font partie du patrimoine russe.

Les villes évacuées par les Russes seront rasées mais les œuvres d’art seront sauvées, et elles seront à nouveau accrochées, avec de nouveaux cartels, dans des musées tout neufs, pour une exposition permanente et éternelle.

mercredi 16 novembre 2022

Le narratif poutinien, 121. Désescalade

Le tsar Vladimir doit toujours être cru sur parole. Quand il dit que ce n’est pas la sainte Russie qui a bombardé la Pologne, c’est donc l’Ukraine.

Les militaires ukrainiens profitent de la générosité de leur Grand Frère, qui les a richement dotés autrefois en matériel d’origine soviétique, pour faire croire que les projectiles qu’ils tirent sont lancés depuis le territoire russe.

Ou bien les militaires ukrainiens ne savent pas viser, ou bien ils ont visé délibérément le territoire polonais pour rejeter la responsabilité sur la Russie. Mais on ne fera croire à personne que la Russie peut agresser un pays souverain.

La Russie demande au conseil de sécurité, en vertu de l’article 5 du traité de l’OTAN qui permet d’engager des actions contre les états qui s’en prennent à l’un des pays membres, de déclarer la guerre à l’Ukraine.

Si l’Ukraine n’avait pas tenté de détruire les objets volants russes, deux innocentes victimes polonaises auraient été épargnées.

Le tsar Vladimir vise toujours juste dans la cible, quand ses flèches ne sont pas déviées par une force malintentionnée.

mardi 8 novembre 2022

Le narratif poutinien, 120. Petite Suisse

Le tsar Vladimir premier félicite la Suisse d’être un pays neutre et de vouloir le rester.

Elle mériterait d’avoir un membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU pour s’abstenir à chaque fois que les pays occidentaux agressifs tentent de faire adopter une condamnation contre la Sainte Russie.

Elle a refusé de soigner les blessés venant d’Ukraine : les soldats qui une fois guéris retourneront commettre des exactions contre l’armée russe de pacification, les civils qui peuvent cacher des soldats, et même les enfants qui sont déjà contaminés par une idéologie satanique.

Maintenant, la Suisse interdit à l’Allemagne d’envoyer à l’envahisseur ukrainien des munitions fabriquées chez elle pour armer les blindés livrés par Berlin, qui resteront ainsi des engins de guerre neutres et pacifiques comme la Suisse.

Quand la Grande Russie annexera l’Europe, la Suisse, qui n’en fait pas partie, bénéficiera d’un statut à part. Elle pourra continuer à produire librement des coffres-forts pour les oligarques, des vaches et du lait pour les enfants cachés du tsar, et du chocolat.