jeudi 19 mai 2022

Le narratif poutinien, 50. Dire et faire

Les seuls dirigeants à pouvoir faire ce qu’ils disent après avoir dit ce qu’ils allaient faire, ce sont les hommes forts, comme le tsar Vladimir premier.

Regardez les hommes faibles des régimes démocratiques qui promettent pour être élus et ensuite ne tiennent pas parole. Alors, ils croient que les hommes forts leur ressemblent, et qu’ils parlent en l’air.

Mais les hommes forts disent et font, ils passent à l’acte pour montrer ce que parler veut dire.

Ainsi, le tsar Vladimir avait bien dit que l’Ukraine n’existait pas, et il l’a montré.

Il a dit aussi : « Que nous importe le monde si la Russie n’y existe plus ? », et il montrera que le monde n’a aucune importance.

Les faibles démocraties doivent toujours prendre au sérieux les hommes forts comme le tsar Vladimir.

mardi 17 mai 2022

Le narratif poutinien, 49. Le grand remplacement

Le tsar Vladimir premier s’est fait lire l’ouvrage de Renaud Camus, Le Grand remplacement, paru en 2011.

Il a compris que, d’après l’auteur, on peut changer de peuple. Le peuple français de souche a peur d’être remplacé par les migrants venus du Sud. Ils vont prendre les terres, les maisons, les emplois, la civilisation, la culture, la langue, le pain et peut-être les femmes blanches.

C’est une bonne idée, finalement : remplacer un peuple par un autre.

Le tsar Vladimir a demandé à son ministre de la Culture de faire traduire immédiatement le livre en russe et en ukrainien, en modifiant quelques mots : on traduira « les musulmans » par « les Russes », et les « Français de souche » par « les Ukrainiens », et là où on sent l’angoisse d’être absorbé, on mettra au contraire l’attente du libérateur, la joie de changer de vie.

Ainsi les Ukrainiens n’auront qu’un rêve : disparaître dans le grand remplacement grâce aux Russes, venus s’installer dans un pays qui déménage.

lundi 16 mai 2022

Le narratif poutinien, 48. Eurovision

Le tsar Vladimir premier s’est penché sur des cartes d’état-major, le samedi 14 mai au soir. Il n’a pas regardé l’Eurovision.

On lui a rapporté que, cette année, le concours de la chanson est devenu un spectacle décadent, qui a vu le triomphe annoncé d’un groupe de dégénérés, composé de tatoués et d’un chanteur à bonnet rose, qui annonce la couleur.

Les organisateurs avaient exclu la Russie de la compétition, de peur que les Chœurs de l’Armée rouge n’écrasent les concurrents.

Le tsar Vladimir a fait savoir que ses chanteurs préférés restaient Mireille Mathieu, la petite fiancée des Français et l’ambassadrice de la langue russe, quand elle entonne « Les nuits de Moscou », et Gérard Depardieu, quand il reprend Göttingen de Barbara : « Ô faites que jamais ne revienne / Le temps du sang et de la haine. »



samedi 14 mai 2022

Le narratif poutinien, 47. Hourra Lula

Le tsar Vladimir premier peut compter sur le soutien de Luiz Inácio Lula da Silva, Lula pour faire court, ancien président du Brésil, et peut-être futur président du même Brésil, après Jair Bolsonaro, qui ne cache pas non plus son admiration pour les hommes forts, depuis l’extrême-droite, alors que Lula parle au nom de la gauche revendiquant l’héritage soviétique. Bolsonaro ou Lula, Lula ou Bolsonaro, quel que soit le résultat des élections, le tsar Vladimir sera justement célébré au Brésil.

Lula a déclaré dans un entretien au Times, le 4 mai : « Je vois le président ukrainien parler à la télévision, être applaudi, avoir droit à une standing ovation de tous les parlementaires [européens]. Ce type est aussi responsable que Poutine de la guerre. Parce qu’en cas de guerre, il n’y a pas qu’un coupable. »

Il a raison, pour faire la guerre, il faut être deux. C’est comme le violeur et la violée, le bourreau et la victime, l’homme qui tue la femme et la femme qui est tuée, il faut être deux, il y a deux coupables.

Lula a eu des mots très justes pour remettre le bouffon à sa place : « Vous êtes en train d’encourager ce type et après, il se prend pour la cerise sur le gâteau. On devrait lui parler sérieusement : d’accord t’es un bon artiste, t’es un bon comédien, mais on ne va pas faire une guerre pour que pour que tu passes à la télé. » Ça sonne comme une réplique de théâtre, pour rappeler la différence entre la comédie et la tragédie.

Quand il sera président, Lula organisera une conférence de paix. Il fera assoir les deux ennemis à la même table, il leur servira un verre de vodka, et voilà : « Zelensky voulait la guerre. S’il n’en avait pas voulu, il aurait négocié un peu plus. […] Et nous devrions dire à Poutine. “Tu as plein d’armes, mais tu n’as pas besoin de les utiliser contre l’Ukraine. Allons discuter !” »

Lula sait parler directement aux hommes, virilement, en les tutoyant. Il donne au monde entier une leçon de diplomatie. Non seulement il propose une solution concrète pour mettre fin au conflit, mais avec lui, il n’aurait même pas eu lieu. Le prochain prix Nobel de la paix couronnera les efforts diplomatiques de Lula. Hourra Lula !

vendredi 13 mai 2022

Le narratif poutinien, 46. Le vrai du faux

Le tsar Vladimir premier, outre qu’il est un génie militaire, a pris la stature de grand philosophe de la modernité : il inaugure un nouveau régime du Sens. Il est venu pour remettre la Vérité sur ses pieds et la Réalité à l’endroit. C’est le grand stratège et le phare de la Métaphysique.

Donald Trump avait ouvert la voie, hardiment, avec les « vérités alternatives ». Le tsar va plus loin en dévoilant comment la réalité inventée par les Occidentaux dégénérés est une fiction.

Ils ont monté les « scènes de crimes » et le « théâtre des opérations » en projetant dans leur décor des images de jeux vidéo pour faire croire à une guerre.

Ils ont poussé loin l’art du trucage, du travestissement et de la reconstitution, sous la conduite du bouffon qui dirige leur troupe. Ils se déguisent en ennemis, et parfois commettent de vraies exactions, en faisant couler du vrai sang et en violant leurs femmes et leurs filles pour que le crime retombe sur l’armée russe venue les libérer. S’ils ne jouaient pas la comédie, auraient-ils si bonne mine, et des habits propres, quand ils sortent des souterrains de Marioupol ?

Ils appliquent les leçons des philosophes occidentaux décadents, dits de la « déconstruction » : les faits sont contrefaits, la réalité n’existe pas.

Ils avaient même réussi à faire croire que l’Ukraine existait, alors que c’est une ruse de l’esprit et une fiction de l’Histoire, comme on le voit aujourd’hui.

mardi 10 mai 2022

Le narratif poutinien, 45. L’avion de l’Apocalypse

Hier, les Occidentaux dégénérés attendaient de voir la parade aérienne au-dessus de la place Rouge, avec tous les avions militaires, des Soukhoï, des Mig en formation dessinant dans le ciel le Z de la victoire, des Tupolev supersoniques à géométrie variable, et surtout l’Iliouchine II-80, que les Occidentaux fascinés par leur propre destruction ont baptisé « l’avion de l’Apocalypse ».

Un bunker volant, blindé, sans hublots, avec une bosse sur le dos, dans lequel le tsar Vladimir premier prendra place pour commander la guerre nucléaire depuis là-haut. Il sera le dernier à avoir une vue plongeante sur la terre entièrement rasée et vitrifiée.

L’avion n’a pas volé le 9 mai, en raison de quelques cumulo-nimbus dans le ciel. La guerre nucléaire ne pourra donc être déclenchée que par beau temps.

L’Iliouchine II-80 peut voler pendant plusieurs jours. Comme on n’a jamais vu d’avion rester coincé en l’air, la piste d’atterrissage est tenue secrète.



lundi 9 mai 2022

Le narratif poutinien, 44. Le lendemain du 8 mai

La propagande occidentale en veut au tsar Vladimir premier de ne pas s’être conformé à ce qu’elle avait prédit pour son discours du 9 mai : crier victoire, sonner la mobilisation générale, déclarer la guerre totale. Il n’a rien dit d’extraordinaire, et même rien dit du tout. Du coup, les journalistes sont frustrés, et presque rassurés par des propos sans souffle. Il leur reste à comprendre que le tsar ne fait jamais ce qu’ils disent et ne dit jamais ce qu’il fait.

Le tsar Vladimir premier a montré au monde ce qu’est un vrai chef : tout seul, saluant les vétérans sans avoir peur d’attraper le Covid, scrutant le poitrail des gradés transformé en ostensoir à médailles en se demandant où il trouverait la place d’épingler les prochaines décorations pour récompenser les viols en réunion, les massacres de civils et d’enfants (une médaille en forme de hochet).

Les Occidentaux dégénérés ont regardé la Grande Parade en espérant que quelque chose allait se passer : l’explosion d’un char, une fusillade dans la tribune officielle, la désintégration en vol d’un avion. Mais il ne pouvait rien arriver de fâcheux : le patriarche de l’Église orthodoxe russe, Kirill, avait béni les tanks et les missiles.


Le président russe, Vladimir Poutine, lors du défilé militaire du Jour de la victoire, sur la place Rouge, dans le centre de Moscou, le 9 mai 2022. KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP